_____Léa et Mathilde s'amusaient à faire claquer leurs talons sur les pavés humides de la rue déserte. Il avait plu un peu plus tôt dans la soirée et l'air était frais, ce qui expliquait que les deux jeunes fille portaient un châle en cette belle nuit d'été. Elles revenaient d'une soirée animée, au cours de laquelle Léa avait rencontré un beau jeune homme au profil d'Aragorn (Nda : "Lord of the Rings" pour les incultes... ). Mais malgré l'échange de leurs numéros, la jeune fille savait qu'ils ne se reverraient probablement pas. Elle était donc plongée dans ses pensées quand leur chemin croisa celui d'une jeune femme dans la vingtaine. Celle-ci regarda bizarrement les deux jeunes filles qui courraient dans la rue en rigolant. Ses cheveux tirés en chignon et ses lunettes remontées sur son nez étaient la marque significative des jeunes fille de bonnes familles, studieuses et méprisant les fêtardes (Nda : Oui, ce sont des préjugés, et alors ? è_é). Qu'est-ce qu'une personne comme elle pouvait-elle bien faire dans la rue à une heure si avancée de la nuit...
_____Elles arrivèrent bientôt devant la porte de la petite maison de Léa. Celle-ci appartenait en fait à ses parents, mais ces derniers ayant déménagés à la campagne, ils avaient autorisé leur fille à y vivre seul.
Pendant que le jeune fille cherchait ses clefs, Mathilde avait retiré ses chaussures et s'amusait à faire des roues en travers de la route. Adossé au lampadaire de la résidence voisine, un jeune homme qui ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elles fumait lentement une cigarette en regardant le ciel teinté d'un noir profond. La partie supérieure de son visage était cachée par une mèche épaisse qui se prolongeait de part et d'autre de sa tête en de belle boucles châtain et soyeuses. Ses cheveux, tombant presque aux épaules, faisaient ressortir la pureté qu'inspirait sa chemise blanche, à moitié rentrée dans un jean clair et délavé. A ses pied, un paquet rouge, couleur caractéristique de la marque 'Malboro-Light'. Ses longs doigts attrapèrent la cigarette qu'il avait à la bouche, et il laissa échapper une longue bouffée de fumée blanche.
_____Alors que la clef tournait dans la serrure, un doux son de piano leur parvînt. Lorsque Mathilde se retourna pour fermer la porte, elle put constater que le jeune homme était parti. Les yeux fixés sur l'endroit où il se tenait quelques secondes auparavant, elle cria à son amie :
---- Léa, c'est un nouveau morceau que tu joues ? Il est magnifique !
Alors qu'elle scrutait encore la rue pour voir ou était passé le mystérieux garçon, elle se laissait enivrée par la douce mélodie qui envahissait son corps. Mais au fur et à mesure que le morceau avançait, elle se sentit de plus en plus oppressée par ces quelques notes répétitives. Elle se décida enfin à claquer la porte et fit volte-face : son amie se tenait à quelques mètres d'elle, immobile et terrifiée... Et la mélodie résonnait encore.
Léa se retourna lentement et croisa le regard apeuré de son amie qui n'avait pas lâché la poignée de la porte. Sans avoir besoin d'échanger un mot, les deux jeunes filles avancèrent ensemble vers la pièce où était placé l'instrument, se tenant la main pour se donner du courage.
_____En arrivant dans l'entrebâillement de la porte, Mathilde se figea brusquement en reconnaissant le jeune homme aux mains de pianiste qu'elle avait vu disparaître quelques secondes plus tôt. Léa aussi s'était immobilisée, et son amie ne tarda pas en comprendre la raison. La propriétaire du lieu lui murmura en un souffle :
---- Pourquoi le piano joue-t-il tout seul ?
Mathilde la regarda longuement : ses yeux presque en larmes et sa lèvre inférieure tremblante lui indiquait que son amie n'était pas vraiment en train de lui faire une blague. Au contraire, Léa laissait entendre que ses jambes ne pourrait bientôt plus la supporter. L'adolescente, les yeux de nouveau fixés sur le piano, prit alors conscience qu'elle était la seule à voir ce corps gracieux produire la douce musique qui leur parvenait aux oreilles. C'est à ce moment là que le garçon fit lentement pivoter sa tête... Mathilde observait, curieuse, mais bientôt, elle sentit presque ses yeux s'exorbiter sous la peur. Elle poussa un cri d'effroi et bascula en arrière.
Des yeux blancs, dépourvus de pupilles, la fixait comme voulant l'aspirer...
Des yeux aveuglants, sans vie.
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_____Mathilde sentait des gouttes de sueur froide descendre le long de son dos. Affalée sur le sol et encore sous le choc, elle se demandait si ce qu'elle venait de voir était bien réel ou si elle avait simplement halluciné. Peut-être était-ce simplement l'effet des quelques verres qu'elle avait pu descendre durant la soirée ? Peut-être s'était-elle tout simplement assoupie sur l'une des nombreuses banquettes de la salle des fêtes et que tout ceci n'avait était qu'un rêve stupide ? Mais dans ce cas, pourquoi avait-elle eu cette douce sensation lorsque la musique l'avait envahie ? Et pourquoi son amie se tenait-elle là, immobile, devant elle ? Tout commençait à se mélanger dans sa tête et un vertige la prit alors... Mathilde ferma les yeux en essayant de reprendre ses esprits.
---- ...thilde... Mathilde... MATHILDE !
_____La jeune fille ouvrit doucement les yeux... Puis se redressa brusquement ! A côté d'elle, agenouillée, son amie la dévisageait étrangement :
---- Ouf ! Mathilde, tu m'as fait peur ! Tu t'es assoupie, comme ça, au beau milieu de la route... Ca va mieux ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Mais Mathilde ne l'écoutait déjà plus. Elle jetait des regards vifs un peu partout autour d'elle : il n'y avait personne adossé au lampadaire de la résidence avec une Malboro-Light, ni une quelconque fille coiffée d'un haut chignon qui tournait au coin de la rue. Avait-elle vraiment rêvé tout ça ? Elle se souvenait pourtant clairement de toutes les sensations qu'elle avait ressentit durant ces quelques minutes qui lui avait parues les plus angoissantes de sa vie... Derrière elle Léa la fixait toujours :
---- Ça ne va pas Mathilde ? Tu as l'air... bizarre.
---- Non... Non, ce n'est rien. J'ai juste eu une sensation... En fait, j'ai fait un rêve horrible mais qui m'a semblé tellement réaliste... Je serais presque déçue qu'il n'ait pas été réel, chuchota l'adolescente la tête baissée. En fait, tu étais en train d'ouvrir la porte et il y avait un homme contre le lampadaire qui fumait une cigarette et à ce moment-là...
---- Ah ouais ? l'interrompit sèchement l'autre. Mais entre donc, tu vas tout me raconter à l'intérieur, poursuivit-elle avec un grand sourire en pointant de la main la porte grande ouverte.
_____Curieusement, l'entrée béante de la demeure inspirait à Mathilde une gueule géante prête à l'aspirer. L'adolescente dévisagea prudemment son amie... Quelque chose la dérangeait et elle sentait son attitude différente de d'habitude. Elle n'aurait pas su dire pourquoi mais elle préféra refuser :
---- Non... Merci, lui répondit-elle hésitante. Je pense que je vais directement rentrer chez moi, je suis très fatiguée...
Mais alors qu'elle avait ramassé son sac et commençait à s'éloigner dans l'autre direction, elle sentit une main froide attraper son bras. Elle se retourna brusquement, tous ses sens aux aguets, pour faire face à Léa qui arborait un regard glacial :
---- Viens chez moi ! Tu veux rester toute seule avec cette pluie ? (Effectivement, il avait commencé à pluvioter et chaque fine gouttelette qui transperçait ses vêtements provoquait des frissons à l'adolescente.) Je te rappelle que tu n'as pas les clefs de ta maison et tes parents ne sont même pas là ce soir. Reste donc dormir, termina la jeune fille en essayant de radoucir son ton.
_____Sur le coup, Mathilde se figea sous la surprise : Léa était d'origine calme et douce et ce ton jurait totalement avec son caractère. Sa crainte ne fit qu'augmenter, mais elle ne se sentait pas la force de résister à son amie qui, elle, ne semblait pas vouloir lâcher l'affaire. Son insistance se rajoutait à la liste des choses étranges qui défilaient devant elle depuis ce retour de soirée. Alors que Mathilde acquiesçait docilement, Léa relâcha sa prise, et tourna les talons pour passer le palier de sa demeure qui paraissait soudain bien sinistre aux yeux de son amie. Cette dernière regarda une dernière fois dans la rue pour voir si le mystérieux garçon ne serai pas réapparu entre-temps (pourquoi pas ? Tout était tellement bizarre en ce moment...), puis, sa vue, devenue brouillée à cause des trombes d'eaux qui s'abattaient maintenant sur le goudron, ne lui renvoyant que le reflet d'une rue déserte, elle s'avança, méfiante, sous le porche de la maison de son amie qui l'attendait dans l'entrée, un air impatient et anxieux sur son visage. Mathilde passa devant elle et se dirigea lentement vers le salon tandis que Léa entrait dans la cuisine. Elle s'approcha du piano et en caressa doucement les touches, fermant les yeux pour se ré-imprégné de la scène qu'elle avait vu en rêve. La musique... L'odeur... Le bruit des doigts sur les touches... Le jeune homme... Mais était-elle vraiment sûre que ce n'avait été qu'un rêve ?
_____Léa sortit de la cuisine en tenant dans ses mains un plateau avec deux verres d'orangeade. Il faudrait bien ça à son amie pour la remettre d'aplomb... Et à elle aussi d'ailleurs ! Mais la jeune fille se sentait coupable d'avoir haussé le ton sur son amie, elle qui était d'habitude si calme, douce et enjouée... Mais elle n'aurait pas supporté de rester seule, ce soir, dans cette grande maison lugubre... Surtout si le récit qu'avait voulu raconter Mathilde avait vraiment un lien avec ce qu'elle-même avait cru rêver quelques minutes auparavant... Elle se rappelait encore le son du piano qui s'élevait dans la demeure, les touches qui s'enfonçaient et dansaient toutes seules sur le clavier, et le petit cri aigu que, avait-elle cru entendre, Mathilde avait poussé en tombant à la renverse. Son regard terrifié et la manière étrange dont elle fixait une ombre invisible au-dessus du tabouret... Et qui était donc le mystérieux garçon dont elle avait parlé ? Peut-être que tout ceci n'avait aucun lien avec cette vision stupide ? Léa se devait de rester calme et de maitriser la peur qui commençait à l'envahir. Ne serait-ce que pour ne pas perdre la face ! Elle s'avança donc à pas feutré vers son amie, assise sur le même tabouret qu'elle fixait avec horreur dans son rêve... Celle-ci paraissait songeuse, son regard vide fixé sur les touches blanches et noires du clavier... Elle avait les mains croisées sur sa belle robe noire en lin qui se ramifiait en petits volants retombant aux genoux. Son sac en cuir de la même couleur trainait à côté d'elle sur le sol.
---- BOUH ! cria Léa, un grand sourire aux lèvres, en sautant aux côtés de l'adolescente.
Mathilde releva lentement la tête et afficha un pâle sourire sur sa figure blanche. Elle semblait livide et malade : Léa aurait mieux fait de lui apporter un Doliprane ! Mathilde entrouvrit la bouche comme pour commencer à parler mais son amie prit les devants :
---- Non, ne dit rien et boit d'abord quelque chose avant de tout me raconter, essaya-elle d'articuler du ton le plus rassurant possible, en arborant un sourire forcé qui devait sonner faux.
En fait, elle avait peur d'entendre le récit de son amie et d'admettre que quelque chose clochait... Mathilde saisit un des deux verres et prit une longue gorgée du jus sucré. Sa gorge était si sèche qu'elle eu d'abord l'impression que le liquide la brûlait. Puis, une fois la désagréable sensation passée, elle reprit une gorgée, jusqu'à finir entièrement son verre. Puis, de peur de ne plus avoir le courage de tout dire à son amie si elle ne profitait pas du réconfort que lui avait procuré l'orangeade, elle décida de tout déballer aussi rapidement qu'elle le pouvait. Son amie, d'abord surprise de sa rapidité, l'écouta ensuite avec attention. Les craintes que Mathilde avait eu à son sujet s'évanouir aussitôt et elle eu même honte d'avoir pu penser que son amie n'était plus elle-même... Et au fur et à mesure du récit, elle voyait les yeux de la jeune fille assise en face d'elle s'élargir et se remplir de larmes. Elle comprit qu'elle aussi devait avoir peur et qu'elle avait été égoïste de penser être la seule à avoir besoin de réconfort. Puis Léa ouvrit la bouche pour parler, le dos de sa main gauche presque en sang pour avoir enfoncer ses ongles trop profondément dans la chair, comme pour se réveiller d'un mauvais rêve...
---- Ecoute Mathilde, moi aussi je...
_____Mais Mathilde ne put jamais entendre ce qu'avait vu Léa ce soir-là. A ce moment là une sonnerie stridente retentit dans la maison. Une vieille sonnerie de téléphone, semblable à celle qu'utilisaient nos grands-parents au tout début de la téléphonie. Une sonnerie angoissante qui les fit frissonner dès les premières notes du « Driiiiinnnnnnnnnng... » Léa, se redressa pour mieux écouter. Et elle bafouilla, apeurée et surprise :
---- Cette... Cette sonnerie n'... Euh... Je crois que j'ai laissé le téléphone dans la salle-de-bain en me préparant tout à l'heure. Je... je vais aller voir.
_____Mathilde ne comprenait pas. Ou plutôt, ne voulait pas comprendre. Léa n'avait jamais eu de téléphone avec une sonnerie semblable... Elle regarda son amie disparaitre dans l'embrasure de la porte du salon et monter fébrilement, les jambes tremblantes et incertaines, le grand escalier qui menait au premier étage. Mathilde resta seule, dans le grand salon, sous la faible lumière murale que Léa avait allumé en arrivant. Elle crut entrevoir une ombre se faufiler derrière les rideaux rouge des grandes fenêtres qui emplissaient la pièce de lumière la journée, mais qui ne laissait filtrer à ce moment-là que quelques pâles rayons de lune, révélée derrière un gros nuage. La pluie avait cessée.
Tout était calme.
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_____Léa était immobile sur le palier du premier étage. Le souffle court, elle n'osait plus faire le moindre mouvement. La sonnerie retentissait toujours mais elle avait peur que l'ombre qu'elle venait de voir se glisser en rasant les murs dans l'ancienne chambre de sa mère ne la surprenne. Mais pourquoi n'avait-elle donc pas demandé à Mathilde de l'accompagner ? Pourquoi n'avait-elle pas pu ravaler sa fierté pour une fois et avouer à son amie qu'elle mourait de peur à l'idée de monter seule chercher ce téléphone qui n'était même pas le sien ? Qu'était-elle en train de faire ?! Il ne faisait aucun doute maintenant que la sonnerie provenait de la salle de bain. Elle s'avança, à pas hésitants, le long du couloir et pénétra dans la chambre plongée dans la pénombre. Seul la faible lumière du réverbère d'en face permettait une vision plus ou moins distincte de l'ensemble de la pièce... Sur son bureau, de grandes tranches de pains, une boite de fromage et un couteau de cuisine trainaient parmi les innombrables feuilles volantes, les stylos plus ou moins en état de marche et les livres de cours. Elle s'empara de l'ustensile pointu et tranchant pour se donner du courage... Elle traversa d'un pas rapide, presque d'un pas de course, la grande pièce qui avait autrefois servit de chambre à ses parents pour se poster à l'entrée de la vaste salle-de-bain : la sonnerie retentissait encore mais elle n'arrivait pas à en déterminer l'origine. Léa s'approcha lentement, sans faire de mouvements brusques de peur de réveiller une quelconque bête cachée dans la douche (Nda : Oui, on sait, c'est ridicule... =_=) et demanda d'une voix faible et tremblante, presque dans un murmure :
---- Il... il y a quelqu'un ? Arrête Mathilde ! Si c'est toi ce n'est pas drôle du tout !
_____Mais la jeune fille savait très bien que ce n'était pas son amie... Cette dernière avait paru tout autant apeurée qu'elle à l'entente de la sonnerie. Et Léa était sûre de ne pas l'avoir vu sortir du salon ! Elle en était sûre ? N'ayant que la sonnerie lugubre, qui retentissait à grands échos dans la vaste salle de bain entièrement carrelée, pour réponse, la jeune fille s'appuya sur le lavabo et se regarda dans le grand miroir qui prenait presque toute la hauteur du mur. Elle avait vraiment une sale mine : de grosses cernes étaient creusées sous ses yeux d'un bleu cristallin et le chignon rapide qui avait retenu ses cheveux depuis leur sortie de soirée laissait maintenant de nombreuses mèches folles encadrer son visage pâle. Alors que son regard vide errait sur le miroir et qu'elle sentait les larmes lui monter aux yeux sous l'effet du stresse et de la peur, elle distingua, dans le reflet, une ombre rapide se profiler derrière le rideau blanc brodé qui protégeait sa fenêtre des éventuels voyeurs. Elle se retourna brusquement, le couteau brandi devant elle, et fit tomber au passage une bouteille en verre posée sur le bord du lavabo, qui contenait un fond de parfum. Elle ne bougea plus, tous ses sens en alerte, en essayant vainement de repérer l'endroit où l'ombre avait bien pu disparaitre. La sonnerie retentissait toujours. Toujours... De plus en plus proche, de plus en plus intensément... Même très proche. Beaucoup trop proche. Léa en était certaine, la sonnerie s'était déplacée. Et elle était derrière elle. Juste derrière elle. Presque contre son corps. Elle sentit un souffle chaud dans son cou, des boucles de cheveux soyeux contre sa nuque, une main qui se glissait au-dessus de son décolté (Nda : Oh le pervers ! o///o xD)... Mais la jeune fille ne bougea pas, n'esquissa pas le moindre geste, ne produit pas le moindre souffle. Elle ne savait pas si c'était à cause de la peur ou si c'était parce qu'elle appréciait la sensation de ce corps contre le sien... Les mains caressaient toujours son cou, en explorant chaque parcelle. Puis soudain, une fine cordelette se resserra sous sa mâchoire... Tendrement d'abord, comme dans un jeu, puis d'un geste beaucoup plus brusque : elle se sentit quitter le sol. Elle lâcha le couteau qui retomba avec grand bruit et porta les mains à sa gorge. Elle se débattait ! Ou du moins, elle essayait. Elle entendit un murmure à son oreille mais n'en comprit pas le sens... Elle se sentait suffoquer, déjà le souffle lui manquait et sa tête commençait sérieusement à tourner. Elle ne tarderait pas à perdre connaissance... Alors que ses yeux se fermaient, elle murmura doucement des mots, ses derniers :
---- Ma... Mathilde...
_____La jeune fille savait qu'il n'y avait aucune chance que son amie l'entende... De toute façon il était trop tard. Elle était déjà morte...
_____Alors que l'adolescente râlait, le meurtrier transporta son corps dans la baignoire et ramassa les morceaux de verres parfumés éparpillés sur le carrelage noir et blanc. Il s'appliqua consciencieusement à couper les veines des poignets fins de la jeune fille. Ses nombreux bracelets clinquants se teintant de sang, la baignoire prenant une couleur rouge... Un grand sourire se dessina sur le visage de l'homme alors que les gouttes de sang tachaient le beau carreau blanc. Il se pencha sur le cadavre et en décrocha un médaillon. Il le regarda à la lueur de la lune et disparu dans l'ombre. En bas, Mathilde ne se doutait de rien.
_____Au bout de 10 minutes, Mathilde commença sérieusement à s'inquiéter. Pourquoi son amie n'avait-elle pas encore donné de signe de vie ? Et cette sonnerie lugubre qui retentissait toujours, déchirant le silence pesant qui s'était installé dans la bâtisse : elle n'avait donc pas encore éteint ce téléphone ! Mais que faisait-elle ? La jeune fille se tortilla sur son tabouret, triturant machinalement de sa main droite la petite bague en or qu'elle portait à son doigt... Dans son autre main, elle serrait tellement fort son verre que ses jointures en étaient devenues blanches et la faisait atrocement souffrir. Mais elle était beaucoup trop angoissée pour songer à desserrer son emprise. Mathilde se décida enfin à se lever : elle devait retrouver Léa ! (Nda : Dit-elle sur le ton d'une grande justicière ! è.é) Depuis le début c'est ce qu'il aurait du se passer. Elle aurait du l'accompagner afin qu'aucune d'elle ne se retrouve jamais seule. Se séparer était une très mauvaise idée compte tenue des circonstances étranges auxquelles elles devaient faire face... Que se passait-il donc d'ailleurs ? Il était évident que ce ne pouvait être qu'une mauvaise blague ! D'ailleurs, l'adolescente ne donnait pas cher de la peau du pauvre petit plaisantin quand il passerait entre leurs mains. S'il y passait un jour...
La jeune fille, qui pour l'instant tremblait plus qu'autre chose, se dirigea à pas incertains vers le vieil escalier en bois où avait disparu son amie. Elle monta la première marche, puis la seconde... et s'arrêta, complètement figée. Il lui semblait avoir entendu un bruit. Un bruit qui venait de la cuisine, juste en-dessous d'elle. Elle se colla contre le mur en essayant de retenir son souffle, mais elle ne pouvait s'empêcher de respirer bruyamment. Elle était complètement affolée. Et si tout ceci n'était pas une mauvaise blague ? Elle attendit. En haut, la sonnerie du téléphone venait de s'arrêter. Léa n'allait pas tarder à la rejoindre dans ce cas. Elle sentait le bruit se rapprocher. C'était un tapement sourd et léger sur les carrelages du couloir. Des pas ? Elle en était là de ses déductions quand quelque chose bondit sur elle en poussant un cri déchirant. Mathilde hurla. Elle mit ses mains autour de sa tête pour se protéger et ferma les yeux de toutes ses forces. Etait-ce déjà la fin ? Elle rentrouvrit les paupières et vit deux yeux. Deux yeux verts qui la regardaient fixement. Le chat ! Miss Adélaïde, le chat de Léa réclamait à manger. Ce fut comme si on avait enlevé un canon en plomb de ses épaules (Nda : Rien que ça ?! xD). Son estomac se dénoua légèrement et elle put reprendre son souffle. Ce n'était qu'un chat ! Et au moins, elle n'était pas le seul être vivant dans cette maison. La jeune fille eut tout de suite honte de sa pensée. Il y avait Léa bien sur ! Mais que lui arrivait-il donc de penser ça ? Même si un silence total et oppressant s'était maintenant imposé dans la demeure, elle était certaine que son amie l'attendait en haut et qu'elle allait parfaitement bien Elle allait monter ces escaliers, retrouver Léa et elles partiraient toutes les deux avertir la police qu'un petit plaisantin s'était introduit chez elles. Mathilde prit son courage à deux mains et, ignorant l'animal affamé, continua son ascension incertaine. A chacun de ses pas s'accompagnait un léger grincement aigu de bois vermoulu (Nda : Et ben ! o.o) qui résonnait dans toute la maison. Le vieux lustre au dessus de sa tête n'éclairant qu'une petite parcelle des escaliers, elle distinguait mal le couloir du haut... ce qui ne faisait que renforcer son appréhension. En fait, plus elle y songeait, plus la maison de Léa était propice à un scénario de film d'horreur... Espérons qu'il ne s'y déroulerait rien de dramatique.
_____Soudain, ses muscles se raidirent. Elle était certaine d'avoir vu une ombre passer par le palier de la chambre des parents de Léa. Elle se pencha doucement contre la vielle rampe de l'escalier pour mieux observer. Seule l'obscurité lui renvoya une image noire. Elle franchit le reste des marches quatre à quatre, sa paranoïa lui renvoyant des images d'escaliers effondrés, de spectres flottants, de cadavres éclatés... Alors qu'elle arrivait sur le palier, une masse sombre au bout du couloir se retourna doucement vers elle... La « chose » la fixait. Autour de son cou, un collier décoré d'un médaillon. Mathilde retenu un petit cri. C'était le collier de Léa. Celui qu'elle portait en permanence. Celui que lui avait offert ses grand-parents. Ils étaient d'ailleurs morts dans de mystérieuses circonstances...
_____La police les avait retrouvés allongés dans leur lit, se tenant tous les deux par la main, leurs visages déformés par de grands sourires. Beaucoup trop grands pour être vrais, comme tracés au couteau. Et quand ils s'étaient avancés vers les corps, ils n'avaient pu retenir un cri d'horreur : les cadavres avaient de grands yeux blancs sans vie, dépourvus de pupilles. Les policiers, ne désirant que classer cette affaire macabre au plus vite, avaient déclaré une mort naturelle, mais Léa savait pertinemment qu'il y avait autre chose : on avait retrouvé, sous le lit des morts, un mégot de cigarette. Personne ne fumait dans la famille.
_____Mathilde était certaine que cette personne était son amie. Elle put se permettre de pousser un soupir de soulagement alors que l'ombre disparaissait dans la chambre au bout du couloir. La jeune fille se hâta de traverser le palier pour suivre ses pas. Elle traversa la même pièce que son amie quelques minutes plus tôt et s'arrêta devant la porte de la salle de bain. Elle était entrouverte et il était évident que Léa s'était glissée à l'intérieur. Elle était bien décider à se venger de la peur que celle-ci lui avait faite ! Ensuite elle pourrait se repencher sur cette histoire de téléphone et de mauvais rêve. Elle tourna lentement la poignée... puis bondit dans la pièce faiblement éclairée en criant haut et fort :
---- SURPRIIIIIIIIIISE !!
_____Son corps était placé de façon à ce que l'on aperçoive en premier son visage, tout violacé par un important flux de sang. Mais que c'était-il donc passé ? Comment tout ceci avait-il pu se produire sans que Mathilde ne se soit rendu compte de rien ? Pourquoi n'avait-elle donc rien entendue ? Léa avait bien du se débattre, crier ! Des marques violettes à son cou montraient l'endroit où elle avait été étranglée. L'un de ses poignets mutilé pendait sans vie sur le bord de la baignoire. Une marre de sang s'étalait en-dessous. Mathilde, d'abord figée devant le corps sans vie de son amie, fut pris d'un vent de panique à la vue du liquide rouge. Le sang l'avait toujours répugné ! Déjà petite, il lui arrivait de tourner de l'½il quand l'un de ses amis se blessait en jouant au foot ou en se battant. Elle se précipita hors de la pièce, complètement affolée, les larmes aux yeux et l'envie de s'endormir pour ne jamais se réveiller. Peut-être que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve ? Oui, c'était obligé ! Leur vision commune, le son du piano, le jeune homme et surtout, Léa... Tout ceci ne pouvait pas être réel ! C'était impossible... Toute l'insouciance et la joie retrouvée qu'elle avait éprouvé quelques instants plus tôt avaient disparues. Les larmes coulaient sur les joues de l'adolescente terrifiée.
Trop tard.
_____La sonnerie résonna de nouveau dans la bâtisse... Mathilde poussa un cri déchirant, les larmes brouillant sa vue. Elle paniquait, se tenant la tête entre ses mains crispées. Ce ne pouvait pas arriver. Pourquoi elle ? Qu'avait-elle donc fait ? Mathilde courut. Le son venait de la chambre qu'occupait avant le petit frère de Léa. Celle au bout du couloir. Celle qui était juste devant elle. Celle devant laquelle elle devait passer pour accéder à l'escalier. Elle se stoppa net. La sonnerie retentissait dans le silence pesant que ne venait couper que ses hoquets de peur. Les larmes avaient fait couler son maquillage et Mathilde retrouva l'horrible sensation sèche dans sa bouche. Ses cheveux étaient collés à son visage par la sueur. Elle devait fuir. Qu'importe la façon. Elle pouvait sauter par la fenêtre, se casser une jambe et ramper, se noyer dans la foule et disparaitre. Mais elle devait fuir. Loin. S'éloigner de l'ombre qui venait d'apparaitre dans l'embrasure de la porte en face d'elle. Fuir. Se retourner. Une autre fois... Elle sentit un liquide chaud dégouliner dans son dos. Elle perdit l'équilibre et s'affaissa sur la vielle rampe des escaliers. Elle essaya de se relever mais déjà un deuxième coup la frappait. Elle sentit son corps basculer dans le vide. Mais ses paupières tombaient déjà. La chute lui sembla longue et interminable alors qu'elle n'était qu'au premier étage, mais bientôt, elle s'écrasa sur le sol. Tout son corps eu un soubresaut et elle cracha une gorgée de sang. Le goût amer lui restait en bouche et elle peinait à respirer. Elle était allongée sur le dos et elle sentait sa robe en lin s'imbiber d'un liquide chaud. Elle déglutit difficilement à l'idée de la marre de sang dans laquelle elle était allongée et fut prise de nausées. Une douleur insupportable la lançait à la tête et un filet rouge atteignit son sourcil. Elle ne pouvait déjà plus mouvoir ses membres brisés. Alors qu'elle ne sentait plus que le tourbillon de ses dernières pensées cogner contre ses tempes, un dernier coup de couteau alla se loger dans sa poitrine. Une ombre passa au-dessus d'elle et elle bascula sur le côté. Elle entendit un bruit sourd juste à côté d'elle.
Une cigarette Malboro-Ligth venait d'atterrir devant ses yeux.
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La fin est arrivéééeeeee !! >W<
Ça faisait quand même un petit bout de temps qu'elle était écrite mais... La flemme de la poster ?
^_______________^"
Bref ! Nous sommes fières de vous présenter notre première histoire au complet !! ^w^
Dire que c'est la première fois qu'on en termine une... (beaucoup de ratés... =_=)
On espère que ça vous a plu ! =)
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Alix et Tsuika...